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Tour de la Vanoise et de la Grande Casse - 18 au 27 août 2009 PDF Imprimer Envoyer
Sept randonneurs d'Ibiltzaile se sont rendus dans les Alpes pour y faire le tour de la Vanoise au cours d'une randonnée itinérante organisée et conduite par Patricia. Jacques a rédigé les lignes qui suivent; Patricia, Jose-Luis et Jacques ont pris de nombreuses photos qui illustrent cet article. Merci à eux tous de nous avoir autorisés à publier leur compte rendu.
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Rando « Tour de la Vanoise et de la Grande Casse »

18-27 Août 2009
Participants: Patricia (organisatrice), Étienne, Jacques, Jean-Paul, José-Luis, Marie-France, Panxo

Résumé

Le massif de la Vanoise (cf plan), en Savoie, est composé d'un ensemble de pics et de glaciers délimité au Nord par la Tarentaise (vallée de l'Isère) et au Sud par la Maurienne (vallée de l'Arc). Le Parc National de la Vanoise le recouvre presque entièrement. Créé en 1963 à l'image de son aîné italien, le « Gran Paradiso », qu'il jouxte sur sa limite Est, ce parc avait pour premier objectif la protection du bouquetin. Deux GR sillonnent le massif: le GR5 (Nord, Est, Sud), et le GR55 (Ouest, Centre).
Le but de la randonnée était de faire, en dix jours, le tour d'une grande partie Ouest de la Vanoise. En boucle à partir de Champigny le haut, le tracé allait nous permettre d'admirer l'alignement E-O des arêtes de la Grande Casse (Gd Bec, 3403m, Gde Casse, 3885m, Gde Motte, 3656m) puis l'ensemble des glaciers de la Vanoise dominés entre autres par le Mont Pelvoz, 3261m, le Dôme de l'Arpont, 3611m, et la Dent Parrachée, 3654m, ainsi que des glaciers contigus comme le Gébroulaz. Au passage des points hauts comme le Râteau d'Aussois, 3131m, ou le col de Chavière, 2800m, la chaîne des Alpes nous apparaissait clairement, avec le Mont Blanc en point d'orgue. Il faut dire que le temps a été radieux pendant dix jours, les deux ou trois orages passagers ayant le bon goût de ne se manifester que le soir après l'arrivée au refuge, ou la nuit.
La saison étant assez avancée, la flore avait largement passé fleur, et le fameux génépi était déjà sec (sauf dans les bouteilles aux refuges). Par contre, la faune nous a réservé le meilleur accueil: marmottes omni présentes, caprins en tous genres, renard, chevreuil (identité encore en débat à ce jour), chamois à plusieurs reprises, même s'ils étaient trop éloignés ou trop fugitifs pour être immortalisés sur la pellicule et, clou de l'expédition, une rencontre quasi nez à nez avec une harde de bouquetins. Peu de volatiles, à l'exception notable d'un long survol du gypaète barbu au refuge du Plan Sec, visible de ceux qui n'étaient pas pris par une partie de belote acharnée.
Un mot enfin sur les refuges, qui furent d'une qualité très variable. A éviter pour de prochaines expéditions: l'Arpont, le Grand Bec, et le Col du Palet. Méritent un détour: le Plan Sec, l'Entre Deux Eaux et Péclet-Polset. D'une façon générale, les refuges privés réservent un meilleur accueil que leurs homologues officiels du CAF ou du Parc national.

carte_vanoise-4000

Notes de voyage

0818- Refuge du Laisonnay-Refuge du Col du Palet:
La_grande_CasseDépart du refuge du Laisonnay, à Champigny le haut, les voitures ayant été laissées au refuge du Bois, 3Km plus bas, qui sera le point de retour. Le trajet Nord, par le refuge de Plaisance et le Plan Séry, est préféré au trajet sud direct, car il « remplit mieux » la journée et il donne l'occasion unique de voir, au Nord, le Sommet de Bellecôte et son glacier du Cul Nant, et, à l'Est, l'arête du Mollard et son couloir du même nom. La première montée le long de la cascade de Py, l'une des plus belles du parcours, nous amène rapidement à notre altitude de croisière, qui restera entre 2000 et 3000m (cf Profil). Elle permet à certains de se délasser les jambes, et à d'autres d'oublier les fêtes d'Ascain. Mais le groupe reste soudé, comme il le restera durant dix jours. Après le col du plan Séry, vue admirable des eaux glaciaires du lac de La Plagne et du refuge d'Entre-le-Lac. Avant la dernière montée vers le refuge du Col du Palet, passage par le lac de Gratteleu, autour duquel paissent les troupeaux. Photos de Jacques de la journée du 18

0819- Refuge du Col du Palet-Refuge d'Entre Deux Eaux:
Aiguille_Noire_de_Pramecou__derrire_la_Grande_MotteAprès le passage du col du Palet, visite optionnelle des champs de neige de Tignes, couronnés de rochers dentelés, puis descente par le GR5 sur Val Claret, partie la plus haute du complexe bétonné de la station, qui gâche un peu le charme du lac de Tignes. Les courses de rattrapage faites, c'est sous la canicule de fin de matinée que s'engage l'ascension éprouvante du col de la Leisse, rehaussée cependant par la vue du glacier de la Grande Motte, surplombé par le Dôme de Pramecou et fréquenté par des skieurs d'été. Au sommet, rencontre d'un groupe méritant accompagnant quatre handicapés moteurs, qui fait relativiser le poids de son sac à dos. La descente douce du Vallon de la Leisse longe la muraille rocailleuse impressionnante de la face sud de la Grande Casse, chapeautée par ses glaciers. Le lac du Plan des Nettes offre un havre de fraîcheur très apprécié, et certain(e)s n'hésitent pas à s'y plonger avec une apparente délectation. Photos de Jacques de la journée du 19

0820- Refuge d'Entre deux Eaux-Refuge de l'Arpont (via Refuge de la Vanoise):
La_Vanoise_482Le détour par le col et le refuge de la Vanoise, le plus ancien du Parc, sont jugés comme une
addition utile. De plus, le trajet direct semble court (l'expérience montrera qu'il ne l'était pas tant que ça). La montée du GR55 du Pont de Croé-Vie jusqu'au fort du Mollard de la Loza est raide et nous permet de revoir sous un autre angle le vallon de la Leisse parcouru la veille. Puis c'est la montée en pente douce du col de la Vanoise, vallée humide parsemée de lacs avec sur la droite, la Grande Casse et le glacier des Grands Couloirs, sur la gauche le bout des glaciers de la Vanoise et, en face, l'Aiguille (pas très pointue) de la Vanoise et les pointes du Grand Bec (Grande Glière en particulier) dont nous avions admiré l'autre face le premier jour. Congrès de marmottes sifflantes dans les prés. Chamois et bouquetins, d'après les experts, sur les flancs de la Grande Casse, font regretter d'avoir emporté dix paires de chaussettes plutôt qu'un paire de jumelles... Le parcours jusqu'au refuge de l'Arpont par le flanc Est de la montagne, pierreux et tout en montées et descentes, pourrait paraître fastidieux s'il ne procurait des vues toujours renouvelées des glaciers, des pics qui les bordent (Réchasse, Pelve, Arpont?), et des rencontres inattendues avec des caprins, un renard et un chevreuil, sans parler des randonneurs juniors (nous avons été frappés par le nombre d'enfants rencontrés tout au long de ce trek!). D'ailleurs, l'accueil désastreux au refuge vous fait immédiatement regretter que le parcours ne fût pas encore plus long... Photos de Jacques de la journée du 20

0821- Refuge de l'Arpont-Refuge du Plan Sec:
Cascade_de_ThibaudPaysage dans la continuité du jour précédent, contournant la Dent Parrachée, et offrant de plus des vues panoramiques de la vallée de la Maurienne: Termignon, Aussois, quelque mille à quinze cents mètres plus bas. Au bout, l'un des meilleurs accueils du voyage, fêté avec une tarte aux myrtilles géante (merci Jean-Paul). Vues imprenables du refuge sur les deux lacs artificiels (Plan d'Amont et Plan d'Aval) en dessous, et sur les massifs environnants, en particulier le Râteau d'Aussois, haut lieu de la randonnée et premier but du lendemain. Photos de Jacques de la journée du 21

0822- Refuge du Plan Sec-Refuge de la Porte de l'Orgère:
La_Vanoise_594La montée du col de la Masse puis du Râteau d'Aussois sont un vrai plaisir. Juste ce qu'il faut de difficulté pour bien se sentir au-delà des 3000m, une arête assez étroite pour avoir l'impression de voler, peuplée de cairns lui donnant un petit aspect fantomatique, les brumes du matin encore accrochées aux pentes et qui nous laissent admirer progressivement la splendeur de la chaîne des Alpes, du Mont Blanc aux Ecrins en passant par tous ces monts dont on ne connaît pas les noms. Regardez les photos et savourez. Après un tel spectacle, la longue descente par un adret sec et rocailleux semble vouloir nous amener directement à la Méditerranée. Heureusement, un torrent avant le refuge nous permet de nous rafraîchir, et de nous rendre présentables à la civilisation. Car, surprise, le refuge jouxte un parking: nous retrouvons le monde des automobiles. Modane n'est pas loin, mais reste cachée. On n'aperçoit que Valfréjus, où l'on devine l'entrée du tunnel. Photos de Jacques de la journée du 22

0823- Refuge de la Porte de l'Orgère-Refuge Péclet Polset:
Pointe_de_la_Glire_lEpnaLe Parc National concède des droits de pacage traditionnels à des bergers. C'est l'un d'eux que nous suivons dans la montée du col de Chavière. L'introduction des patous pour protéger les troupeaux crée des débats, avivés par des attaques récentes de randonneurs, et le Parc recrute de charmantes enquêtrices bretonnes pour s'occuper de ce sujet. Nous assurons celle que nous rencontrons de notre bienveillance à l'égard des patous. Du col de Chavière, découverte de la vallée du Doron du même nom surmontée, à l'Est par l'impressionnante masse grise de la Pointe de l'Echelle, et à l'Ouest par les Aiguilles de Polset et Péclet et le Glacier qu'elles enserrent. A flanc de coteau, l'architecture moderne très réussie du refuge. Dans la descente, intéressant champs de cairns, que des artistes inconnus contribuent à enrichir régulièrement. L'arrivée au refuge se faisant tôt, une partie du groupe se laisse tenter par l'ascension du col du Soufre, le bien nommé car jaune et poussiéreux, mais permettant l'approche du glacier de Gébroulaz. En le contemplant de ses lacs de moraine on comprend enfin son nom: si les aiguilles de Péclet et de Polset l'enserrent, le Mont du Gébroulaz se dresse en son milieu, séparant le flot de glace en deux coulées de lave blanche. Photos de Jacques de la journée du 23

0824- Refuge Péclet Polset-Refuge de la Valette:
Refuge_entre_deux_eaux_2200m_altL'étape commence par la descente de la douce et riante vallée du Doron de Chavière jusqu'au refuge du Roc de la Pêche, flanqué d'une charmante chapelle et surmonté d'une cloche pittoresque. Au sortir du refuge, on quitte le GR55 pour une descente au point bas de la journée, vers 1900m dans une belle gorge étroite, pour remonter ensuite sans discontinuer jusqu'à destination. Nous sommes accompagnés dans cet effort par le gardien du refuge, qui remonte les provisions de la vallée, accompagné de son âne guidé par son jeune fils. Retour à un autre temps où l'homme porte 40 Kgs sur son dos, et l'animal un poids encore plus grand mais non déterminé. Au refuge, se sentant des fourmis dans les jambes, une partie de l'équipe s'attaque à la crête du Pic de la Vieille Femme, 2738m, tandis qu'une autre partie trouve un sentier cairné conduisant au glacier. Hélas, le temps manque et la course s'arrête au niveau des derniers névés, à plus de 3000m cependant. Pas de vue du glacier, mais une vue magnifique de Pralognan et de sa vallée, ainsi que, en amont, de l'ensemble du chemin parcouru depuis le col de Chavière. Juste au dessus du refuge, près d'un lac, se dresse la silhouette lourde de l'ancien refuge en pierre à moitié détruit qui, tel le fort de la chanson « domine la plaine d'où l'ennemi viendra qui me fera héros ». L'ennemi ne vient pas mais, le soir, une troupe de chamois investit le sommet du Roc de la Vallette juste en face. Spectacle irréel encore plus étonnant quand, au matin, nous découvrons qu'ils sont encore là. Photos de Jacques de la journée du 24

0825- Refuge de la Valette-Refuge des Barmettes:
Chamois_6Cette étape anodine sur la carte s'avère être l'une des plus pittoresques. La traversée des deux cirques du Petit et du Grand Marchet, séparés par le col du Grand Marchet, nous fait pénétrer dans un monde minéral coupé de cascades à étages étonnantes. Il offre aussi de nombreuses possibilités de grimpettes annexes dont le chamois du groupe ne se prive pas. Il semble en attirer d'autres: ce que nous prenons pour une femelle, suivie de ses deux petits, traverse tranquillement notre champ de vision un peu en contre bas du sommet du col. La descente puis la remontée au refuge des Barmettes se passent à bon train, la pluie menaçant. Mais le groupe est à l'abri à temps. Photos de Jacques de la journée du 25

0826- Refuge des Barmettes-Refuge du Grand Bec:
La_Vanoise_563Sur les conseils éclairés du gardien du refuge, nous entamons cette étape par le GR55 en direction du col de la Vanoise pour ensuite prendre à gauche vers le Châlet des Gardes et le col Rosset. Et grand bien nous en a pris! Cette route offre des vues spectaculaires sur le glacier de la Grande Casse, sur les cimes du massif du Grand Bec (Pte de la Gde Glière, etc.) et sans doute les meilleures vues sur les glaciers de la Vanoise avec probablement la Pointe du Dard, et peut-être le Dôme des Sonailles. Cerise sur le gâteau, dans la descente du col Rosset, nous tombons sur une harde de bouquetins mâles semblant surveiller, en contrebas, un groupe de femelles ou de jeunes (notre acuité visuelle ne va pas jusque là). Ils se prêtent volontiers à une séance de pose avant de s'éloigner tranquillement pour poursuivre leur propre randonnée. L'ascension du col suivant, dit de Leschaux présente quelques passages aériens, mais élargit encore la vue et nous permet pratiquement d'embrasser l'ensemble de la partie ouest de notre randonnée, du col de Chavière jusqu'à la vallée de Champagny. Comme mentionné, au refuge, nous tombons bien sur un bec: accueil discourtois, et le seul refuge sans douche du parcours. Ceci serait-il connu du circuit? Nous sommes les seuls résidents. Photos de Jacques de la journée du 26

0827- Refuge du Grand Bec-refuge du Bois:
La_Vanoise_587Cette dernière journée aurait pu être une succession de descentes et de faux plats. Heureusement, nous sommes guidés par un sentier cairné (mais ils semblent tous l'être dans les Alpes) passant par la Pointe de Méribel, ou du moins à très grande proximité. Derniers plaisirs aériens, dernières vues du Grand Bec, puis, après un petit arrêt au Refuge du Plan des Gouilles qui, comme Péclet Polset en son temps, arbore fièrement des pavillons de type Népalais, longue descente à travers bois jusqu'à la dernière halte et le retour à la civilisation. Après un dîner très convivial, nous ne résistons pas au plaisir de retourner à l'endroit où tout a commencé, au Laisonnay. Six kilomètres à pied A/R pour une verveine: la cerise est vraiment mise sur le gâteau! Photos de Jacques de la journée du 27

Autres photos

Voici également les photos de Jose-Luis : album 1 et album 2 et les photos de Patricia (que j'ai malheureusement enregistrées dans le désordre...)

Statistiques

Les nombres fournis ici ainsi que dans la planche « profil rando » proviennent de mon altimètre de poignet, et ne sont donc pas d'une précision extrême. Ils donnent cependant un bon ordre de grandeur. Ils comprennent les ballades supplémentaires faites après l'arrivée au refuge (ex: col du Soufre à Péclet Polset). Les distances parcourues n'ont pas été mesurées, le consensus étant que nous avons dû réaliser une moyenne de 18 Kms par jour, soit 180 Kms environ.

 

Jour Ascension (m) Descente (m)
18 1350 300
19 920 1400
20 800 600
21 620 610
22 960 1360
23 1390 830
24 1300 1130
25 540 1150
26 990 560
27 400 1400
total 9270 9340

 

0908_Vanoise_profil

 
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